Alice, 65 ans, a trouvé un moyen de dégager 400 000 € de sa maison sans déménager. L’opération s’est faite chez le notaire en juin 2023: elle a vendu la nue-propriété à un investisseur, tout en conservant un droit d’usage et d’habitation à vie. Concrètement, elle continue d’occuper les lieux, sans limite de durée, mais elle a transformé une partie de la valeur de son bien en liquidités. Son objectif n’était pas de « faire un coup » immobilier, mais d’aider son fils unique à financer un projet professionnel. Quelques jours après la signature, elle a réalisé une donation de 130 000 à son fils, sans payer de droits. L’histoire illustre une tendance de fond: des retraités cherchent du cash pour soutenir leurs proches, tout en restant chez eux, dans un contexte où l’immobilier pèse lourd dans le patrimoine des ménages.
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La vente de nue-propriété lui laisse un usufruit viager
Le mécanisme repose sur un découpage de la propriété. Alice a cédé la nue-propriété de sa maison à un fonds, tout en gardant un usufruit viager, aussi appelé droit d’usage et d’habitation. Résultat, elle encaisse une somme importante et conserve le droit de vivre chez elle « ad vitam« . Dans son cas, le montage a été présenté comme une alternative au viager classique, puisqu’il n’y avait pas de rente mensuelle à percevoir.
Les chiffres donnent l’ordre de grandeur. Sa maison a été estimée 900 000 €, et la nue-propriété a été achetée 400 000 €. L’écart s’explique par la valeur de l’occupation à vie, qui réduit mécaniquement le prix payé par l’acheteur. Alice explique avoir découvert le principe en faisant des recherches sur Internet, avant de contacter l’agence Viagimmo, qui l’a mise en relation avec le fonds ViaGénération.
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Il faut aussi regarder l’envers du décor, parce que ce type d’opération n’est pas un chèque « gratuit ». Le propriétaire qui conserve l’usufruit reste occupant, mais la revente de la maison, la transmission et la gestion du bien deviennent plus encadrées. Un notaire rappelle souvent, dans ce genre de montage, que la répartition des charges, travaux et assurances doit être clarifiée dès le départ. Sans ce cadre, les malentendus familiaux ou juridiques arrivent vite.
La donation de 130 000 utilise deux abattements fiscaux
Quelques jours après la vente, Alice a fait une donation de 130 000 € à son fils. Elle n’a pas payé de droits grâce à deux dispositifs cumulés: l’abattement légal parent-enfant de 100 000 € et l’exonération des dons familiaux de sommes d’argent de 31 865 €. Sur le papier, c’est simple, mais dans la pratique, la chronologie et la justification de l’origine des fonds sont suivies de près chez le notaire.
Ce point intéresse beaucoup de familles, parce que l’immobilier représente souvent la principale réserve de valeur. Dans des villes où les prix restent élevés, la tentation est forte de « monétiser » une partie du logement. À titre de comparaison, les prix médians indiqués récemment tournent autour de 2 126 €/m à Wittenheim, contre 823 €/m à Decize. Selon la localisation, le même montage ne dégage pas du tout les mêmes montants, et les marges de manuvre pour aider un enfant varient fortement.
Il y a aussi une nuance à garder en tête, parce que la fiscalité n’est qu’un volet. Donner une somme importante peut créer un déséquilibre entre héritiers, mais aussi une dépendance financière si le parent a sous-estimé ses dépenses futures. Un professionnel du patrimoine résume souvent le risque de manière directe: « On pense aider aujourd’hui, mais il faut se protéger pour demain. » Dans le cas d’Alice, le fait de rester chez elle limite le stress d’un déménagement, mais ne supprime pas les aléas liés à la santé ou au coût de la dépendance.
Une SCI familiale de 280 000 pour investir près d’Angoulême
Après la donation, Alice n’a pas laissé dormir le reste des liquidités. Elle a monté une seconde SCI avec son fils et sa belle-fille, tous deux professeurs d’agronomie en Charente. Ensemble, ils ont acheté un bien agricole au sud-est d’Angoulême, pour un montant de 280 000 €. Le bien se compose d’une maison, de 20 hectares de bois et de 10 hectares de terre, un format typique d’investissement patrimonial « mixte », entre foncier et bâti.
La répartition des parts est détaillée: Alice détient 52 %, son fils 47 % et sa compagne 1 %. Ce choix n’est pas neutre, parce qu’il organise le pouvoir de décision, la répartition des revenus potentiels et la logique de transmission. Dans les familles, la SCI sert souvent à cadrer les règles, mais elle impose aussi une discipline, assemblées, comptes, décisions collectives. Dit autrement, c’est pratique, mais ce n’est pas « sans paperasse ».
Son cas montre une stratégie en deux temps: d’abord dégager du cash sans quitter son domicile, puis structurer une aide familiale et un investissement commun. C’est aussi un signal sur les arbitrages actuels: face à un patrimoine concentré dans la résidence principale, certains préfèrent céder une partie des droits de propriété plutôt que vendre et racheter ailleurs. Pour autant, la formule ne convient pas à tout le monde, car elle engage sur le long terme et suppose d’accepter qu’un tiers devienne propriétaire final du bien, le jour où l’usufruit s’éteint.

Adam est rédacteur passionné par le jardinage, la décoration et les travaux. Entre astuces pratiques et idées créatives, il partage son expertise pour aider chacun à aménager et entretenir son intérieur comme son extérieur avec plaisir et simplicité.