Installer un abri de piscine nécessite-t-il vraiment une autorisation ? Cette question revient sans cesse chez les propriétaires qui souhaitent protéger leur bassin. Entre les différentes réglementations, les seuils de hauteur et les démarches administratives, il n’est pas toujours évident de s’y retrouver. Pourtant, comprendre ces règles vous évitera bien des tracas avec la mairie et vous permettra de profiter sereinement de votre installation.
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Quand faut-il déclarer votre abri de piscine ?
La réglementation des abris de piscine dépend principalement de trois critères essentiels : la hauteur de l’abri, la superficie du bassin et la localisation de votre terrain. Ces éléments déterminent si vous devez effectuer des démarches administratives ou non.
Le critère de hauteur : la règle des 1,80 m
La hauteur de 1,80 mètre constitue le seuil de référence pour les autorisations d’abris de piscine. Cette mesure se prend au point le plus haut de la structure, généralement au faîtage pour les abris à pans inclinés.
Si votre abri mesure moins de 1,80 m de hauteur et que vous l’installez sur une piscine déjà existante, aucune autorisation d’urbanisme n’est requise. Cette règle s’applique aux abris bas, plats ou mi-hauts qui permettent de sécuriser le bassin sans créer un véritable espace de vie.
En revanche, dès que l’abri dépasse 1,80 m de hauteur, une déclaration préalable de travaux devient obligatoire. Ces abris de piscine hauts offrent un confort d’utilisation supérieur mais entrent dans le champ de la réglementation urbanistique.
Les secteurs protégés : une vigilance particulière
Les terrains situés en secteur protégé font l’objet d’une réglementation spécifique. Sont concernés les abords des monuments historiques, les sites classés, les zones de protection du patrimoine architectural ou encore certains périmètres de protection.
Dans ces zones sensibles, toute installation d’abri de piscine nécessite une déclaration préalable, quelle que soit sa hauteur. Cette obligation vise à préserver l’harmonie architecturale et paysagère des lieux.
Pour vérifier si votre terrain se trouve en secteur protégé, consultez le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de votre commune ou renseignez-vous directement en mairie.
Construction simultanée : piscine et abri ensemble
Lorsque vous construisez piscine et abri en même temps, les règles d’autorisation diffèrent légèrement. Le projet global doit alors respecter les seuils applicables aux piscines.
Les seuils de superficie à connaître
Pour un bassin de 10 m² maximum avec abri (quelle que soit la hauteur), aucune autorisation n’est nécessaire, sauf en secteur protégé.
Entre 10 et 100 m² de superficie de bassin :
- Avec un abri de moins de 1,80 m : déclaration préalable
- Avec un abri de 1,80 m ou plus : permis de construire
Au-delà de 100 m² de bassin, un permis de construire s’impose systématiquement, indépendamment de la hauteur de l’abri.
Cas particuliers à anticiper
Certaines configurations nécessitent une attention particulière. Si votre abri est adossé à la maison, il peut être considéré comme une extension et relever des règles applicables aux vérandas. Dans ce cas, les seuils de surface de plancher et d’emprise au sol entrent en jeu, dans un cadre réglementaire proche de celui issu de la nouvelle loi sur les vérandas, ce qui peut avoir un impact direct sur les démarches à effectuer.
Les abris temporaires et démontables bénéficient d’une tolérance : ils peuvent être installés sans autorisation pendant 3 mois maximum par an (15 jours en secteur protégé). Au-delà, ils suivent la réglementation classique.
Lorsqu’il est fermé sur plusieurs côtés et directement relié à l’habitation, ce type d’abri est soumis à des règles proches de celles applicables aux extensions, dans la continuité des évolutions introduites par la nouvelle loi sur les vérandas, notamment en matière de surface de plancher et d’emprise au sol.
Types d’abris et implications réglementaires
Le choix du type d’abri influence directement les démarches administratives à entreprendre. Chaque catégorie présente ses spécificités réglementaires.
Abris bas et plats : la simplicité
Les abris amovibles de faible hauteur (généralement sous 1,20 m) constituent la solution la plus simple sur le plan administratif. Relevables, coulissants ou empilables, ils permettent de sécuriser efficacement la piscine sans créer d’emprise au sol significative.
Ces installations ne nécessitent aucune autorisation dans la plupart des cas, sauf en secteur protégé. Leur principal inconvénient : impossible de profiter de la piscine sans retirer complètement la couverture.
Abris télescopiques : la polyvalence
Les abris télescopiques offrent un excellent compromis entre praticité et réglementation. Leur système de panneaux coulissants permet de libérer totalement ou partiellement le bassin selon les besoins.
Disponibles en version basse (moins de 1,80 m) ou haute (plus de 1,80 m), ils s’adaptent à vos contraintes administratives. Les modèles bas échappent généralement aux obligations déclaratives, tandis que les versions hautes nécessitent une déclaration préalable.
Abris fixes : le confort avant tout
Les abris fixes hauts créent un véritable espace de vie autour de la piscine. Assimilables à des vérandas, ils permettent de profiter du bassin en toutes saisons dans un environnement protégé.
Ces structures imposent systématiquement une déclaration préalable, voire un permis de construire selon la superficie. Elles peuvent également générer de la surface de plancher et de l’emprise au sol, paramètres à intégrer dans le calcul des seuils réglementaires.
Démarches administratives : mode d’emploi
Une fois le type d’autorisation déterminé, place aux formalités pratiques. La procédure varie selon qu’il s’agit d’une déclaration préalable ou d’un permis de construire.
Déclaration préalable : le formulaire Cerfa 13703
Pour les abris nécessitant une déclaration préalable, utilisez le formulaire Cerfa 13703 « Déclaration préalable pour une maison individuelle et/ou ses annexes ». Ce document, disponible en mairie ou sur internet, doit être complété avec précision.
Les pièces obligatoires comprennent :
- Plan de situation du terrain
- Plan de masse côté
- Plan de coupe du terrain et de la construction
- Plan des façades et toitures
- Document graphique (photos, photomontages)
Permis de construire : le formulaire Cerfa 13406
Les projets plus importants nécessitent un permis de construire via le formulaire Cerfa 13406 « Demande de permis de construire pour une maison individuelle et/ou ses annexes ». Le dossier, plus étoffé, inclut des plans détaillés et une notice descriptive.
Dépôt et instruction du dossier
Le dossier peut être déposé en mairie en main propre, envoyé par lettre recommandée avec accusé de réception, ou transmis par voie dématérialisée si la commune le permet.
Les délais d’instruction sont de :
- 1 mois pour une déclaration préalable
- 2 mois pour un permis de construire
- Majorés d’1 mois en secteur protégé (consultation des Architectes des Bâtiments de France)
Un récépissé vous sera remis, précisant la date limite de réponse. L’absence de réponse dans les délais vaut acceptation tacite, mais il est recommandé de demander un certificat de non-opposition.

Rédacteur junior sur ce média, j’ai commencé à écrire des articles car je suis passionné de bricolage (gros œuvre, petit œuvre, ..) et de décoration. Mes amis disent que je suis un « touche à tout »